Les personnes qui s’injectent des drogues (PID) présentent un risque accru de contracter le VIH et le virus de l’HVC, en plus d’être victimes d’une surdose. Ainsi, l’usage de drogues injectables est responsable d’environ 10 % des nouvelles infections par le VIH et 23 % des nouvelles infections par le VHC dans le monde.
Le nombre de personnes qui s’injectent de drogue au Maroc est estimé à 1600 personnes en 2024. Parmi ces dernières, la prévalence du VIH est de 5,3 % et la prévalence de l’hépatite C est de 36,7 %. Par ailleurs, le nombre de personnes consommant des opiacés, tous modes d’administration confondus, est estimé à 4 500.
Au Maroc, la stratégie nationale de réduction des risques parmi les personnes qui s’injectent des drogues (PID) s’inscrit dans le cadre de la stratégie de lutte contre les addictions et dans la vision de la lutte contre le VIH/Sida, hépatites et IST et se réfère aux objectifs du développement durable (ODD). Depuis 2007, la politique nationale de réduction des risques
adoptée par le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale s’est concrétisée sur le terrain par la mise en œuvre des actions de prévention combinée offertes par des professionnels de santé et des équipes communautaires. Par ailleurs, la thérapie de substitution aux opiacés (TSO)a été lancée depuis 2010 et dont le nombre de bénéficiaires atteint presque 2000 personnes.
Les intervenants communautaires notamment, à travers les pôles concernés des différents centres d’addictologie offrent un paquet de services de RDR variés (information, sensibilisation, dépistage, orientation vers le soins, distribution du matériel d’injection stérile, activités de soutien psychosocial…), ce paquet n’a jamais été évalué et revu depuis son
lancement en 2008, pour qu’il soit adapté aux personnes sous TSO, aux nouvelles pratiques d’injection, aux nouvelles substances consommées et aux nouveaux besoins émergents.
Dans ce cadre, la Direction de l’Épidémiologie et de Lutte contre les Maladies prévoit, à travers la subvention du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme, l’évaluation du paquet de services de RDR et sa révision.