En 2020, l’Organisation mondiale de la Santé a adopté la Stratégie mondiale d’élimination du cancer du col de l’utérus, assortie des cibles 90-70-90 à l’horizon 2030 : 90 % des filles vaccinées avant 15 ans, 70 % des femmes dépistées deux fois dans leur vie, 90 % des femmes traitées. Le Maroc s’est inscrit dans cette stratégie et a concrétisé cet engagement en 2022 en intégrant la vaccination contre le papillomavirus humain à son programme national d’immunisation.
Les résultats de cette politique sont mesurables. Selon les déclarations du Ministre de la Santé et de la Protection Sociale ainsi que le Registre des cancers de la région du Grand Casablanca, le taux d’incidence du cancer du col est passé de 13,46 à 8,3 pour 100 000 femmes, faisant reculer cette pathologie du deuxième au quatrième rang des cancers féminins au Maroc1. Ces progrès témoignent de l’impact des politiques publiques engagées. Ils ne signifient pas pour autant que les barrières ont disparu. Elles persistent, et elles sont documentables.
Des données de 2017 montrent que la majorité des cas étaient alors diagnostiqués à un stadeavancé, 43,7 % au stade II et 38,1 % aux stades III et IV, traduisant un retard diagnostique significatif2. En 2019, le Maroc faisait état d’une couverture du dépistage inférieure à 10 %3. En 2022, plus de 2 644 nouveaux cas étaient diagnostiqués annuellement et environ 1 468 décès enregistrés4. Le diagnostic précoce demeure donc une priorité.
Ces données restent par ailleurs partielles : en l’absence de registre national du cancer, l’information épidémiologique disponible au Maroc repose principalement sur le Registre des cancers de la région du Grand Casablanca, considéré comme représentatif de la population marocaine.
Par ailleurs, le programme de vaccination anti-HPV lancé en 2022 peine à atteindre ses objectifs de couverture, malgré les ajustements successifs de sa stratégie5. Enfin, au-delà du dépistage et de la vaccination, le parcours de soins des patientes reste marqué par des frais restant à la charge des familles, dont la nature exacte reste à documenter, malgré
une couverture apparente étendue conjuguant programmes nationaux gratuits et prise en charge par l’assurance maladie obligatoire.
Ces constats appellent un travail de documentation fine, conduit en appui à l’effort national et orienté vers la formulation de recommandations opérationnelles. Tel est l’objet de la présente étude.
OBJECTIF ET APPROCHE ANALYTIQUE
L’étude vise à établir, pour chacun des trois volets (vaccination, dépistage et prise en charge) un état des lieux factuel de l’accès effectif au Maroc, assorti de recommandations actionnables adressées à des interlocuteurs institutionnels identifiés.
Chaque volet est traité selon une architecture identique, structurée autour de quatre axes :
– les produits et pratiques effectivement en usage au Maroc, leurs prix et leurs circuits d’acquisition ;
– le périmètre de la couverture publique et le reste à charge pour les patientes ;
– les freins identifiés et leur hiérarchisation ;
– les recommandations qui en découlent.
Cette structure commune garantit la comparabilité des trois volets, la cohérence d’ensemble du
rapport final et la faisabilité de l’étude dans le volume imparti.
Télécharger les fichiers
- TdR - Etude CCU Maroc - ITPC MENA (241 Ko)