Droits des enfants : plusieurs discriminations persistent

«L’inclusion, pour chaque enfant» est le thème retenu cette année pour la célébration de la Journée mondiale de l’enfance. À l’instar des autres pays du monde, cette journée sera, au Maroc, l’occasion de dénoncer les différentes formes de discriminations qui continuent de toucher les enfants malgré les progrès notables enregistrés d’année en année.

Nous célébrons ce dimanche 20 novembre la Journée mondiale de l’enfance. Cette Journée, qui coïncide avec l’anniversaire de l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant, vise à encourager les enfants et les jeunes à défendre leurs droits. Cette année, les activités mondiales mettront en lumière le droit de chaque enfant à être protégé contre toutes les formes de discrimination, indépendamment de son sexe, de sa race, de sa religion, de son handicap ou de tout autre statut.

Une attention particulière pour les enfants en situation de handicap

Au Maroc, certes de nombreux progrès ont été réalisés en matière de promotion des droits de l’enfant, mais de nombreuses discriminations persistent. C’est notamment le cas pour les enfants en situation de handicap. Un programme d’éducation inclusive a été lancé par le ministère de l’Éducation nationale en 2019. Ce dernier a permis à plus de 90.000 élèves en situation de handicap d’être scolarisés dans les classes ordinaires et environ 10.000 élèves à bénéficier des services de qualification et d’appui à la scolarisation accessible dans les salles de ressources créées dans les établissements scolaires inclusifs. Ce plan ambitionne d’atteindre un taux de couverture des établissements scolaires de 100% à l’horizon 2027-2028. Mais le chemin est encore long. Selon les derniers chiffres de l’Observatoire marocain de l’éducation inclusive (OMEI), le taux de scolarisation des enfants en situation de handicap s’élève tout juste à 55,1%, alors que celui des personnes en situation de handicap ayant atteint l’enseignement supérieur ne dépasse pas 1,8%.

Le handicap n’est pas le seul obstacle qui empêche les enfants de profiter de leur droit à l’éducation. La situation financière de leurs familles peut les obliger à quitter l’école pour travailler. Selon les derniers chiffres du Haut-Commissariat au Plan (HCP), 148.000 enfants de 7 à 17 ans exercent une activité économique, ce qui représente 2% de cette catégorie de la population. Cette part est de 3,8% en milieu rural (119.000 enfants) et 0,7% en milieu urbain (29.000 enfants). Seulement 12,1% parmi ces enfants sont scolarisés, tandis que 85,7% ont quitté l’école et 2,2% ne l’ont jamais fréquentée.

Attention aux discriminations qui touchent les enfants

D’autres discriminations, basées notamment sur le genre, touchent les enfants. En effet, malgré les efforts déployés par le gouvernement et la société civile, les filles, en particulier dans le milieu rural dans les villages enclavés, rencontrent toujours plusieurs de difficultés pour avoir accès à l’école. Elles ont peu de chance de poursuivre leurs études, à cause de l’éloignement des collèges et le manque d’internats. Cela les condamne à rester chez elles et à faire face au danger lié au travail ou, pire encore, au mariage précoce. Cette pratique demeure malheureusement une réalité quotidienne de milliers de jeunes filles mariées avant l’âge de 18 ans, les empêchant de profiter pleinement de leurs droits et les embarquant dans une vulnérabilité sociale dévastatrice.

Lancement de la campagne mondiale de l’Unicef 

 

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